Le yoyo, un fonctionnement psychologique en tout ou rien

Le fonctionnement yoyo est à distinguer de l’habitude assez répandue qu’adopte un grand nombre de personnes à l’approche de l’été, et qui est de faire un régime afin de perdre les quelques kilos pris pendant l’hiver.

Ces kilos risquent d’être peu à peu récupérés. Il s’agit là du yoyo pondéral qui n’est qu’une partie, la plus visible, du fonctionnement yoyo. Toute personne qui reprend du poids après un régime n’est pas forcément une femme yoyo. Dans le fonctionnement yoyo, le régime occupe une place fondamentale et fait partie intégrante de la vie de la personne sujette à tel fonctionnement. Certaines femmes yoyo sont perpétuellement au régime mais ont régulièrement des craquages alimentaires. D’autres vont suivre un régime strict pendant plusieurs semaines ou mois, et brusquement vont basculer dans le comportement inverse. Un “renversement dans le contraire” selon la du “tout ou rien” propre au fonctionnement yoyo.

Au delà de la perte de poids, c’est l’état de contrôle qui est recherché. Car si le premier régime avait pour but la perte de poids, très vite, la personne susceptible d’entrer dans le fonctionnement yoyo, va devenir accro au sentiment de maîtrise qu’induit le contrôle alimentaire. Ce qui n’est pas le cas pour toutes les personnes qui font, un jour ou l’autre, un régime.

Ce besoin de contrôle est un facteur déterminant qui signe l’entrée dans le fonctionnement yoyo, on le retrouve aussi dans les troubles alimentaires restrictifs que sont la boulimie et l’anorexie. Dans ces trois profils, le besoin de contrôle déborde le cadre alimentaire et envahit toute la sphère comportementale et psychique du sujet. L’impression de contrôler son poids et son corps est très vite suivie de celle de contrôler ses émotions, la relation à soi et même la relation aux autres.

On ne devient pas une femme yoyo par hasard

La femme yoyo n’entre pas par hasard dans ce fonctionnement si particulier. Sa fragilité narcissique et l’impression de subir sa vie la poussent à rechercher une position de contrôle qui lui donne soudain le sentiment d’être toute-puissante. Mais l’état de vigilance et de maîtrise ne peut être maintenu indéfiniment. En raison des frustrations qu’il déclenche et de la fatigue qui s’installe (le contrôle est un gros consommateur d’énergie) la tendance va s’inverser. Et la perte de contrôle va succéder au contrôle qui peu à peu reprendra le dessus.

Une oscillation entre deux positions antagonistes, tendances anorexiques et boulimiques, sans toutefois être aussi bruyantes et visibles que dans ces deux troubles alimentaires. Le fonctionnement yoyo ne va pas dans tels extrêmes. Il peut même passer inaperçu et de nombreuses femmes yoyo se perçoivent surtout comme gourmandes et sans aucune volonté. Un sentiment qui renforce leur fragilité narcissique et les poussent non seulement à se remettre au régime mais à reprendre le contrôle de leur vie. L’entrée dans le fonctionnement yoyo a pu se faire par le biais d’un régime, mais aussi par le pôle inverse, c’est-à-dire la prise de poids. Car manger est également une stratégie de contrôle. Le paradoxe est omniprésent dans le fonctionnement yoyo, et si manger signe une perte de contrôle au niveau alimentaire, au niveau émotionnel il en va tout autrement.

Aussi dépendante au régime qu’à la nourriture

Une oscillation entre manger et s’interdire de manger, les deux pôles étant des stratégies de contrôle. Car manger permet de contrôler ses émotions. Il se peut donc que lors d’une période douloureuse et critique de sa vie, la femme yoyo ait trouvé du réconfort grâce à la nourriture et que la découverte du sentiment de contrôle se soit effectuée par le pôle “manger”.
Dans l’article “les différents yoyos” vous en saurez plus sur les stratégies de contrôle de la femme yoyo, elles sont omniprésentes et ont envahies toute sa vie…

Rita Sansone Villemin

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