Moi, ex-femme yoyo

Dessin de Camille Tessier
Dessin de Camille Tessier

Longtemps j’ai enchaîné les pertes et les prises de poids. J’ai créé le concept de femme yoyo car je connais bien la problématique dont je parle, mais aussi parce que je ne me reconnaissais pas tout à fait dans ce que je pouvais lire sur le comportement alimentaire des boulimiques et encore moins sur celui des anorexiques.

Je ne mangeais que de la nourriture appétissante, je ne faisais pas de crise de boulimie mais était sujette à des grignotages et jamais je ne me suis fait vomir. Quant à jeûner ou à me priver de toute nourriture était, pour moi, tout simplement impossible.

L’idée que l’on a de ces deux tendances de trouble alimentaire est souvent caricaturale. Elle n’aide pas les femmes ou jeunes filles qui ne se situent pas dans de telles attitudes extrêmes à prendre conscience du dysfonctionnement de leur relation à la nourriture.

Moi, je me voyais comme gourmande et sans aucune volonté. Je ne me doutais pas que je partageais beaucoup de traits communs avec les boulimiques et les anorexiques, notamment un manque d’estime et de confiance en moi qui me poussait tout comme elles à vouloir tout contrôler. Les régimes dans lesquels je me lançais me donnaient parfois l’impression d’être toute-puissante, comme si je ne contrôlais pas seulement mon alimentation, mon poids mais ma vie toute entière voire, par moment, l’univers… Une illusion et un fantasme de toute-puissance que l’on retrouve aussi bien chez la boulimique, l’anorexique que la femme yoyo…

Pour revenir à mon histoire, pendant des décennies j’ai alterné entre des périodes de contrôle alimentaire à travers divers régimes, parfois très farfelus, et des périodes de perte de contrôle où je n’avais qu’une idée en tête : manger !

Apaiser la relation à la nourriture

J’étais persuadée que la clé pour sortir de la spirale infernale du yoyo était un régime-miracle. Le dernier qui venait de sortir était sans doute celui-là, du coup je les essayais tous. Je lisais beaucoup, m’informais sur la diététique, la nutrition, la composition des aliments, le nombre de calories… Je ne savais pas que je me trompais de direction et que toutes ces connaissances ne faisaient qu’entretenir le fonctionnement yoyo et l’état de siège dans lequel je me trouvais avec l’illusion de contrôler mon alimentation, mon corps et même ma vie toute entière.

Parallèlement à ces vicissitudes alimentaires et pondérales, mon humeur oscillait elle aussi et passait d’un état de grande excitation à celui de tristesse et de perte d’énergie avec par moment l’impression d’un sentiment de vide.

Et si les deux problématiques – alimentaire et psychologique – étaient liées ? Je sentais que cette nouvelle piste de réflexion était la bonne. Je voulais comprendre. Je décidais de reprendre mes études et m’inscris à l’université où je me lançais dans un cursus de psychologie. J’entrepris une psychothérapie puis une analyse. Ma relation à la nourriture s’est peu à peu apaisée…

Sortir de l’image négative de soi-même

Après avoir obtenu mon diplôme de psychologue, je décidais de me spécialiser en périnatalité, afin d’accompagner les femmes enceintes et les jeunes mamans à accueillir leur bébé. Je voulais travailler au niveau préventif : protéger les bébés en aidant leur maman. Je me formais également à la relaxation psychanalytique, un outil thérapeutique pour faciliter la communication entre le corporel et le mental.

Autant dire que ma patientèle était quasi exclusivement féminine, et parmi elle de nombreuses femmes yoyo. Des femmes qui n’arrivaient pas à stabiliser leur poids et qui avaient une relation au corps et à la nourriture perturbée. Sans être dans le déni de ces dysfonctionnements qui les faisaient souffrir, elles étaient dans l’incapacité de faire le lien entre troubles alimentaires et troubles de la personnalité. Tout comme moi des années plus tôt, elles se percevaient comme gourmandes et sans aucune volonté ce qui accentuait l’image négative qu’elles avaient d’elles-mêmes. Les mots qu’elles arrivaient peu à peu à poser sur la souffrance qui était la leur les aidaient à apaiser leur relation à la nourriture et à sortir de la spirale néfaste du yoyo pondéral.

Donner un sens au trouble alimentaire

Pour sortir d’un trouble alimentaire, il faut déjà l’identifier et lui donner un sens. Savoir d’où l’on part pour pouvoir avancer… C’est pour cette raison que j’ai créé le concept de femme yoyo. Accepter mais surtout comprendre ce qui se joue dans la relation à la nourriture est une étape importante, fondamentale pour sortir de la spirale infernale du yoyo.

Comme je m’en suis sortie et ai aidé d’autres femmes à en sortir, j’ai décidé de mettre à profit mon expérience, aussi bien personnelle que professionnelle, et de la partager avec vous.

Dans ce blog, vous pourrez non seulement comprendre le sens et l’origine du fonctionnement yoyo, mais vous trouverez aussi les clés pour en sortir. Nous pourrons également interagir, c’est pour cette raison que parallèlement à la publication de mon livre “La femme yoyo” qui résume mes travaux de recherche, j’ai créé ce blog. Afin de communiquer avec vous et vous accompagner pour vous libérer du yoyo.

N’hésitez surtout pas à me poser des questions et à me laisser des commentaires au bas des articles.

Je vous souhaite une bonne lecture pleine de découvertes sur vous-même…

À très vite !

Rita Sansone Villemin

2 Commentaires

  1. Mancaux 25 août 2016

    Qd j avais 11 ans j ai commencé à prendre un peu de poids . Ma mère obèse M à envoyé voir un nutritionniste et j ai fait un séjour pdt mes vacances de été à la hôpital pour maigrir j étais là plus mince.
    Sorti de là je me suis jettee sur la bouffe.Après les kilos s installent au collège insultes moquerie, peaux grâce boutons…Je du suivre tous les régimes de ma mère a la maison, soupe aux chouX, protéines, hypothèse. ..Certes je fondait et regonflait…Je étais très sportive c est ce qui m à fait évite le pire sur le moment. Puis je suis devenue vegan je n ai pas mangé de viandes pendant 12 ans toujours le yoyo et toujours ces pulsions de sucre.je suis capablé de mange une plaquette de chocolat ou un paquet de gateau en sortant des courses sur le trajet (pas vu pas pris). Ensuite je ai refaits régime juridique ai perdun 10 kg j en ai repris 15. Je me suis faite poser un ballon gastrique j ai perdu 10 kg en 6 mois, je étais trop belle le naturel est revenue. Malgré mes efforts je gonfle au moindre stress, je mange aussi des pulsions besoin de me remplir pdt 15 minotes jusqu a me sentir remplie, puis je me sens bien sûr le moment. Mais au fond je me dégoûte. Je fais de la hyperphagie c est mon diagnostic. Après avoir repris mes 15 kilos et ma mauvaise image de moi je me suis fait mettre un gel hyaluronique à l estomac pour moi empêcher de manger les quantités mais ça ne à pas marché. Aujourd’hui j ai 20 kilos en trop à en croire mon imc.
    Perso entre régimes pulsion. Régimes drastique ou laisser aller aujourd’hui je ne sais plus où je en suis et je suis assez mal ds ma peau, mon alimentation n est pas raccord avec ce que je suis et je ne contrôle plus rien.
    Je suis sur Montpellier si vous connaissez un bon psychologue pour m aider Merci beaucoup.
    Votre article touche le fond du problème alimentaire et les mots résonnent juste. Merci

    1. Rita 26 août 2016

      Bonjour Mancaux
      Merci beaucoup pour votre commentaire. C’est pour aider des personnes comme vous que j’ai créé ce blog. Je me souviens comme l’on se sent seule, découragée, angoissée lorsque l’on est ballottée par son yoyo.
      Vous parlez d’IMC mais laissez tomber l’IMC. Ce n’est qu’un indice par rapport à une norme, une sorte de corps standard. Or, votre corps n’est pas standard, il est unique. Il raconte une histoire, la votre.
      Vous envisagez d’entreprendre une psychothérapie. La psychothérapie donne un cadre où vous pourrez justement raconter votre histoire. Les mots éloignent les prises alimentaires subites et apaisent la relation au corps et à la nourriture. Je ne connais malheureusement pas de thérapeute sur Montpellier.
      En revanche, ce que je peux vous conseiller c’est de poser des mots dès aujourd’hui. Comme vous l’avez fait dans votre commentaire. Tenez votre journal, racontez-lui ce que vous ressentez. Un journal-confident qui petit à petit se substituera à votre yoyo. Sachez aussi que n’êtes pas seule. Revenez échanger sur ce blog quand vous le voudrez, vous serez toujours la bienvenue. D’ailleurs votre message a sans doute permis à d’autres femmes yoyo de se reconnaitre et de s’exprimer à travers vos mots. Ce blog n’en est qu’à ses débuts, grâce à lui je voudrais créer une sorte de communauté pour rompre l’isolement mais aussi pour s’encourager, échanger, créer du lien.
      Je vous dis donc à bientôt et courage vous n’êtes pas seule…
      Rita

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